RGPD : Qu’est-ce qu’un Data Processing Agreement (DPA) ?

Commençons par évoquer une amende record de 1,2 milliard d'euros infligée à Meta par l'autorité irlandaise de protection des données pour des transferts de données non conformes vers les États-Unis. Cette sanction met en lumière l'importance cruciale du Data Processing Agreement (DPA) dans les relations avec les sous-traitants situés en dehors de l'Union Européenne (UE).

Qu’est-ce qu’un Data Processing Agreement et à quoi sert-il dans le cadre du RGPD ?

Dès lors qu'un traitement de données personnelles est confié à un prestataire, un encadrement juridique précis s'impose, et le DPA, requis par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), constitue le socle contractuel incontournable pour cela. Le Data Processing Agreement, ou DPA, est décrit comme un contrat ou un acte juridique rendu obligatoire dans l'Union Européenne en vertu de la conformité au RGPD. Il ne se contente pas de formaliser les engagements mutuels entre un responsable de traitement et un sous-traitant, mais il assure également que tout traitement de données à caractère personnel est réalisé dans le respect strict des instructions du responsable, avec un niveau de protection conforme aux exigences du RGPD.

Un cadre contractuel imposé par le RGPD

Selon l’article 28 du RGPD, un DPA doit être mis en place dès lors qu’un responsable délègue tout ou partie d’un traitement de données personnelles à un prestataire externe. Cet acte juridique, qui peut prendre la forme d’un contrat, constitue une exigence de validité du traitement. Sans DPA conforme, la relation contractuelle peut être considérée comme irrégulière et exposer les parties à des risques juridiques majeurs. Le DPA précise les règles applicables au traitement externalisé et garantit que ce traitement sera réalisé dans le respect strict des instructions du responsable.

Un outil de répartition des rôles et responsabilités

Le DPA repose sur une distinction essentielle entre le responsable de traitement, qui détermine les finalités et les moyens essentiels du traitement, et le sous-traitant, qui agit pour le compte du responsable en suivant exclusivement ses instructions documentées. Le contrat doit encadrer cette relation asymétrique en précisant les responsabilités de chaque partie, notamment en matière de sécurité, de confidentialité, de coopération et de notification d’incident.

Un instrument de conformité et de traçabilité

Le DPA occupe une place centrale dans la démonstration de conformité exigée par le RGPD. Il contribue à sécuriser les relations contractuelles en structurant les obligations contractuelles, en documentant les traitements externalisés, et en clarifiant les obligations du sous-traitant. En cas d’audit ou de contentieux, le DPA constitue la principale preuve de l’existence d’un cadre juridique conforme entre les parties.

Une fonction opérationnelle et stratégique

Au-delà de la simple conformité, le DPA permet d’assurer la sécurité juridique des opérations de traitement dans des contextes variés : hébergement, gestion RH, maintenance informatique, prospection commerciale, services marketing, solutions SaaS, etc. C’est un véritable outil de gouvernance de données qui permet d’anticiper les responsabilités, de limiter les risques contractuels et de renforcer la confiance entre acteurs.

Quand la signature d’un DPA est-elle requise selon le RGPD ?

La conclusion d’un DPA doit être réalisée dès lors qu’un organisme public ou privé agit en qualité de responsable de traitement et confie tout ou partie d’un traitement de données personnelles à un sous-traitant. Cette obligation découle directement de l’article 28 du RGPD, qui encadre les relations entre les acteurs du traitement de données à caractère personnel. La signature d’un DPA est obligatoire dès qu’un sous-traitant traite des données pour le compte d’un responsable, quel que soit le service concerné.

Une obligation systématique en cas de sous-traitance

Il n’est pas nécessaire de conclure un DPA si l’intervention du prestataire n’implique aucun accès, ni traitement de données à caractère personnel. De même, le DPA n’est pas requis lorsqu’il n’existe pas de véritable relation de sous-traitance entre les parties au sens du RGPD. Par ailleurs, aucun DPA n’est nécessaire en cas de traitement interne par un salarié ou un service de l’organisme responsable.

Une obligation extraterritoriale au-delà des frontières de l’UE

L’obligation de conclure un DPA ne se limite pas aux prestataires établis dans l’Union Européenne. Elle s’étend aux situations transfrontalières par le jeu de la portée territoriale du RGPD. Un responsable de traitement soumis au RGPD doit conclure un DPA avec tout sous-traitant qu’il engage, y compris si ce dernier est établi en dehors de l’UE.

Mentions obligatoires du DPA selon le RGPD

Un DPA conforme au RGPD doit intégrer de manière explicite l’ensemble des éléments obligatoires exigés par l’article 28 du RGPD. Ces stipulations permettent d’encadrer le traitement de données personnelles avec rigueur, transparence et sécurité, tout en répartissant les responsabilités juridiques entre les parties. Un DPA doit décrire de façon claire et détaillée un certain nombre d’éléments obligatoires, comme le prévoit le Règlement Général sur la Protection des Données.

Obligations spécifiques imposées au sous-traitant

Le contrat DPA doit imposer au sous-traitant une série de devoirs et d’obligations précises, en conformité avec le RGPD. Ces obligations incluent le traitement sur instructions écrites du responsable uniquement, le devoir de confidentialité, les mesures de sécurité adaptées au risque, l'assistance à la conformité, l'alerte en cas d’instruction illicite, la notification des violations de données, et le sort des données en fin de contrat.

Quels sont les risques juridiques en cas d’absence ou de DPA non conforme ?

L’absence de Data Processing Agreement ou l’utilisation d’un contrat non conforme expose les parties à des sanctions sévères, tant sur le plan juridique que commercial. L’article 83 du RGPD prévoit des amendes administratives significatives en cas de manquement aux obligations contractuelles, pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial.

Comment rédiger et formaliser efficacement un DPA ?

Rédiger un DPA conforme au RGPD ne s’improvise pas. Il est vivement recommandé de s’appuyer sur des modèles de DPA reconnus et de les adapter à la situation concrète. Chaque DPA doit être personnalisé en fonction de la nature du traitement, du niveau de risque associé aux données traitées, et du secteur d’activité concerné. Pour sécuriser juridiquement un Data Processing Agreement, il convient de respecter certaines exigences formelles, comme faire relire le contrat par un professionnel du droit et veiller à ce qu'il soit signé par des représentants dûment habilités de chaque partie.

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Catégorie: Conformité et Réglementation

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